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Uriner sur un crucifix: est-ce de l’art? La polémique sur le photographe Andres Serrano

Le photographe Andres Serrano a été accusé de blasphème suite à l’exposition de son oeuvre intitulé « Piss Christ« . La photo exposée a été vandalisée à plusieurs reprises, des manifestations ont été menées pour la censurer. Comment en est-on arrivé là? J’ai décidé de décortiquer cette polémique.

⚠️Note important⚠️

Attention, cet article est sans pudeur.
Âmes sensibles s’abstenir.

Un peu d’histoire sur le photographe Andres Serrano

Les clichés du photographe contemporain New-Yorkais son considérés comme provocateurs. Ils mettent l’accent sur les tabous tels que la mort, le sexe et la réligion. Il est connu pour sa série de photos mettant l’accant sur des parties du corps spécifiques des dépouilles. La série est intitulée. « Morgue ». Il est également connu pour ses photos représentant une mise en scène des statuettes catholiques plongées dans des fluides corporels (tels que le sang ou l’urine). Il cherche à représenter « le sacré » dans les choses qui sont considérées comme étant les moins sacrées. Vous trouverez quelques-unes de ses photos ci-dessous.

L’intention de l’artiste et des possibles interprétations.

Piss Christ de la série Immersion a été réalisé en 1987. Serrano est chrétien et a été élévé dans un environnement catholique. Son message était simple: il souhaitait exprimer sa condemnation envers ceux qui abusaient de l’enseignement de Jésus-Christ.

On peut décortiquer le sujet de plusieurs angles.

Tout d’abord, si on fait abstraction de ce qu’on connaît sur cette photo et on fait semblant de ne pas connaître le titre on voit simplement une image sublime. On n’a pas d’arrière pensée, ou d’interprétation en tête.

Andres Serrano, Piss Christ

Puis, si on repense au titre et on réalise que la photo est prise d’un crucifix posé dans un mélange d’urine et de sang, l’oeuvre perd de sa beauté à nos yeux. Pourrait-on admirer l’art suite à cette découverte? Ou va-t-on le trouver sale? Telle est la question.

Une autre interprétation serait possible, si on repense au contexte des années 80, dans lequel Andres Serrano a conçu cette oeuvre. La maladie du SIDA commençait à faire très peur aux gens, et ils avaient peur des fluides corporels. On pourrait également interpréter l’image comme la constance et la stabilité de Dieux même dans la maladie et la peur.

Sujet à controverse

UNE PARTIE de la communauté chrétienne s’y oppose (en effet, par exemple la soeur Wendy Beckett n’est pas contre l’oeuvre et dit que la photo représente exactement ce que nous faisons du Christ de nos jours c’est à dire…dénigration totale.).

Puis en 1989 la photo reçoit un prix de 15000 dollars d’un musée qui est soutenu par National Endowment for the Arts (lui-même financé avec des fonds publics) et ceci indigne fâcheusement ceux qui sont contre la photo. Car indirectement, c’est comme si leurs impôts finançaient les travaux d’un artiste qu’ils méprisent.

L’oeuvre devient célèbre et est envoyé pour des expositions dans plusieurs pays. Les galeries exposant la photo sont vandalisées, des manifestations et contestations ont lieu en Australie, Suède et en France également.

La définition de l’art

Ceux qui proclament l’oeuvre comme du blaspheme et comme étant une abomination, comme quelque chose qu’on devrait détruire, ne le considèrent pas comme étant de l’art.

Mais c’est quoi l’art au juste?

La définition de Larousse du mot est:

Création d’objets ou de mises en scène spécifiques destinées à produire chez l’homme un état particulier de sensibilité, plus ou moins lié au plaisir esthétique 

Larousse

Donc l’art est censé produire de la sensibilité et il est lié au plaisir esthétique, critères auxquels l’oeuvre du photographe Andres Serrano correspond bel et bien.

La question a déjà été traitée par Marcel Duchamp et le mouvement avant-garde au début du vingtième siècle. Le ready-made (c’est-à-dire, prendre n’importe quel objet, l’assembler avec un autre de notre choix, le signer et le considérer comme étant de l’art) est une autre preuve que tout peut être considéré comme étant de l’art.

Fontaine, Marcel Duchamp
Fontaine, Marcel Duchamp

La problématique est simple. Selon une tribune parue dans le magazine Arts & Opinion, Piss Christ est une œuvre qui témoigne du conflit qui peut exister entre, d’un côté, les intérêts des artistes en matière de liberté d’expression et, de l’autre, la douleur que ce type d’œuvre peut susciter chez une partie de la communauté chrétienne.

Si je devais donner mon avis sur tout cela, je dirais simplement que vandaliser les oeuvres d’une exposition n’est pas un acte très catholique en soi… De plus, d’après les interprétations différentes de l’oeuvre, on peut constater que Serrano n’avait pas l’intention de se moquer de l’église, mais plutôt de la soutenir à sa façon.

Et vous, qu’en pensez-vous? Doit-on prendre des pincettes quand on fait de l’art?

N’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires.

À demain! 😉

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