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La VRAIE histoire de la photo L’Afghane aux yeux verts de Steve McCurry est troublante…

Steve McCurry, photographe américain a pris la photo emblématique L’Afghane aux yeux verts en 1984. Mais quelle est la VRAIE histoire de cette photo?

Pourquoi j’ai choisi d’en parler

J’ai un lien personnel avec cette image. À l’école j’étais assise en face d’un poster de cette photo pendant 4 ans. Je ne savais pas qu’elle était mondialement connue. Pour moi c’était juste une fille qui me regardait pendant que je peinais avec mes devoirs sur table.

Puis j’ai lu le livre Mille soleils splendides de Khaled Hosseini et ce roman, dont l’histoire se déroule en Afghanistan, m’a profondément touchée.

Après être tombée amoureuse de la photographie cette photo a refait surface dans ma vie. Je voulais vous la présenter de façon positive, comme je le faisais dans les autres articles mais bien que l’histoire ait finalement un happy ending, elle détient également un côté sombre.

Des informations à retenir

La photo la plus connue du photographe Steve McCurry a été prise en 1984 dans le camp de réfugiés de Nasir Bagh au Pakistan et a été choisie comme couverture du magazine National Geographic en juin 1985.

Suite à la guerre d’Afghanistan, Sharbat Gula (la fille de la fameuse photo) s’est réfugiée au Pakistan avec sa famille (son père, ses frères et soeurs, sa mère étant décédé de l’appendicite.) Et c’est ici que Steve McCurry prendra son portrait.

L’histoire troublante de la photo de Steve McCurry

Mais qu’est-ce qui est si troublante dans cette histoire? Sharbat est d’ethnie pachtoune et vit donc selon certaines règles. Elle n’a par exemple pas le droit d’être seule avec un homme qui n’est pas membre de sa famille. Elle ne peut pas établir un contact visuel et elle ne peut surtout pas se faire photographier. Le photographe fait comprendre via la traduction de l’instituteur son intention de prendre une photo. Et c’est ainsi que la photo ci-dessous a été prise.

Hélas, ceci ne suffit pas, le photographe voudrait voir l’intégralité de son visage, et la photo iconique est capturée. La fille est énervée, elle a peur et elle se sent piégée. McCurry voulait prendre d’autres photos mais Sharbat s’est enfuie.

Le photographe n’a pas demandé la permission du père de l’enfant et n’a pas demandé son nom, il ne s’est pas renseigné sur son histoire. Peut-on considérer cela comme étant du photojournalisme?

Plus tard, Steve McCurry sera critiqué car on apprend que la photo a été retouchée et mise en scène, chose qu’on doit éviter dans le domaine du photojournalisme,

Cependant, le photographe est célébré durant des années et sa carrière est principalement basée sur cette photo en particulier. Et Sharbat n’en sait rien pendant 17 ans.

2002, National Geographic décide de retrouver la fille

National Geographic veut que Steve McCurry prenne de nouveau le portrait de Sharbat, et on la retrouve grâce à une technologie de reconnaissance des yeux. Surprise, elle ne veut toujours pas poser pour le photographe….

Cette fois-ci, son mari lui met la pression pour qu’elle accepte de montrer son visage et la nouvelle photo est prise.

Une vie remplie de douleur

Sharbat dit avoir vécu une vie très difficile. Elle a perdu son mari et un de ses enfants. Et c’est alors que le gouvernement du Pakistan vient pour l’arrêter pour l’usage de faux papiers. N’oublions pas qu’elle est afghane de base, même si elle a vécu au Pakistan toute sa vie. Sharbat pense que son arrestation est due à la prise de cette nouvelle photo.

 « J’avais décidé de vivre et de mourir au Pakistan mais ils m’ont fait la pire des choses. Ce n’est pas ma faute si je suis née là-bas (en Afghanistan). Je suis déprimée. Je n’ai pas d’autre choix que de partir. »

Sharbat Gula

Côté positif?

Comme elle devait retourner dans son pays d’origine suite à son arrestation, le gouvernement d’Afghanistan lui a donné une maison et lui a fait la promesse d’éduquer ses enfants et de leur donner accès à des soins de santé. Elle recevra l’équivalent de 600 euros par mois pour ses dépenses médicales (elle était atteinte d’Hépatite C).

Sharbat dit lors d’une interview:

Au début, j’étais inquiète par la publication de ma photo, mais quand j’ai découvert que je représentais un appui pour une cause qui concernait de nombreuses personnes / réfugiés, cela m’a rendu heureuse.

Son discours a donc changé avec du recul. L’éducation des filles est très importante à ses yeux, et elle s’est rendu compte que la photo était une élément clé de sensibilisation.

Bilan

Est-ce que ceci peut être considéré comme un happy ending?

Est-ce que le fait que les organisations caritatives peuvent récolter de l’argent justifie le fait qu’on prenne non pas une mais deux photos d’elle sans même avoir son consentement?

Qu’est-ce que vous en pensez?

Pour les sources, je me permets de citer principalement deux vidéos de la chaine « Tony and Chelsea Northrup »: une vidéo originale et une vidéo qui nous éclairaient sur les sources. En effet, j’ai passé des heures à comparer des faits sur plusieurs sites et ce sont ces vidéos qui ont fait le plus avancer mon travail.

J’espère que l’article vous aura plu.

À demain! 😊

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6 réflexions sur “La VRAIE histoire de la photo L’Afghane aux yeux verts de Steve McCurry est troublante…”

  1. Merci pour cet éclairage passionnant ! Cette photo m’a aussi beaucoup marquée. De même que ma rencontre avec le photojournaliste Reza, un moment clé 😃
    Bonne continuation !

    1. Je suis contente que mon article t’ait plu. J’aime beaucoup les travaux de Reza, quelle chance que tu aies pu le rencontrer!!! 😳

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